Saviez-vous qu’il est possible de recevoir de l’argent en rechargeant sa voiture électrique à la maison?
Depuis quelques mois, des fabricants de bornes, détaillants et agrégateurs proposent à des électromobilistes québécois une rémunération calculée selon les kilowattheures rechargés à domicile. Dans certains cas, la somme versée dépasse même le coût de l’électricité.
Pour y avoir accès, le propriétaire d’une borne doit s’inscrire à une plateforme qui recueille et vérifie les données de recharge. Il doit cependant choisir son programme avec soin: une même borne ne peut pas être inscrite à deux plateformes simultanément.
«Presque trop beau pour être vrai»
En mars dernier, Stéphane Dufour a découvert ces programmes dans un groupe Facebook consacré aux véhicules électriques. Propriétaire d’un Ford F-150 Lightning et d’une borne Grizzl-E, il s’est inscrit au Club Grizzl-E.
«J’avais déjà la borne, alors c’était facile. Le programme offre cinq cents par kilowattheure, et le montant peut monter jusqu’à dix cents selon le volume de recharge annuel», explique-t-il.
Au fil de ses recherches, il a constaté que de nouvelles offres, parfois plus généreuses, apparaissent sur le marché. Il estime néanmoins que le Club Grizzl-E demeure une option intéressante pour les propriétaires d’une borne compatible.
À Alma, Daniel Dolbec, propriétaire d’une Tesla Model Y, a eu une réaction semblable en découvrant le principe.
«En plus de sauver le coût de l’essence, on peut faire de l’argent en rechargeant sa voiture. C’est presque trop beau pour être vrai. Ça a quasiment l’air d’une arnaque», lance-t-il.
Après avoir appris que son père avait obtenu une borne sans frais en adhérant au Club Grizzl-E, il a cherché un programme compatible avec sa borne Tesla. Il a finalement opté pour le Club Roulez électrique, qui lui permettait de récolter 13 cents par kilowattheure.
«Je me suis inscrit en mai et le programme a calculé mes recharges depuis le début de l’année. Au mois d’août, j’avais déjà accumulé près de 400 $.»
À un tarif résidentiel d’environ dix cents le kilowattheure, Daniel Dolbec estime que cette rémunération couvre ses coûts de recharge et lui laisse même un surplus.
Des revenus qui varient
Les montants versés diffèrent selon le programme choisi, le modèle de véhicule, le kilométrage annuel, la consommation électrique et la borne utilisée. Au Québec, certaines offres proposent actuellement entre 12 et 18 cents par kilowattheure.
Selon Sylvain Juteau, président et fondateur de Roulez électrique, un automobiliste qui parcourt environ 20 000 kilomètres par année avec un véhicule comme une Tesla Model Y pourrait recevoir l’équivalent de 700 $ à 800 $ annuellement.
Les propriétaires de camionnettes électriques pourraient obtenir davantage, en raison de leur consommation supérieure. C’est notamment le cas des Ford Lightning et Chevrolet Silverado, particulièrement lorsqu’ils servent au remorquage ou parcourent de longues distances.
«C’est un outil qui permet de pousser les gens vers l’électrification plus facilement», estime Paul Keller, président de TechnoVE, un manufacturier qui a lancé le programme Écowatt.
Les récompenses ne sont toutefois pas nécessairement versées immédiatement. Les crédits associés aux recharges doivent être vérifiés, puis vendus à des acheteurs. Selon les plateformes, les premiers paiements relatifs aux recharges effectuées en 2026 pourraient être versés entre juillet et septembre 2027.
Vérifier avant de s’inscrire
L’intérêt grandissant pour ces programmes soulève aussi des questions sur les données de recharge et les conditions d’adhésion.
Les participants doivent généralement connecter leur borne à Internet, consentir à la transmission de leurs données et autoriser l’opérateur à réclamer les unités de conformité générées par leur consommation électrique.
Paul Keller rappelle l’importance de savoir à qui l’on confie ses crédits. «Les gens doivent savoir à qui ils cèdent leurs crédits et dans quelles conditions. Une borne ne peut pas être enregistrée sur deux plateformes en même temps», prévient-il.
Avant de s’inscrire, les propriétaires devraient donc vérifier la compatibilité de leur borne, les frais éventuels, la durée de l’entente, les conditions de retrait et la méthode utilisée pour calculer la récompense.
Pour les électromobilistes, ces programmes s’ajoutent ainsi aux économies déjà réalisées en délaissant l’essence. La recharge à domicile ne sert plus seulement à alimenter le véhicule: elle peut aussi devenir une source de revenus.
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